Alors que l’industrie de l’information traverse une passe difficile, quelques médias tirent leur épingle du jeu. Notre sélection des entreprises à suivre.
FONDATION : 2019
SIÈGE : NEW YORK (US)
EFFECTIF : 10,500
CA 2025 : $17.13 MRD
STOCK EXCHANGE : → FOXA
« La chaîne préférée de Donald Trump. » Voici comment est souvent qualifiée la chaîne d'information en continu Fox News, même si, ces dernières années, le président américain semble s'en détourner au profit de canaux encore plus conservateurs comme One America News Network. Derrière la chaîne Fox News se cache le groupe Fox Corporation, dont la division Fox news Media exploite une multitude de médias (Fox News Channel, Fox Business Network, Fox News Digital, Fox News Podcasts, Fox News Radio, Fox News Books, etc.).
Et l'entreprise ne se laisse pas enfermer dans l'univers des vieux médias. En avril 2020, Fox a par exemple acquis Tubi, une entreprise spécialisée dans le streaming de contenus audiovisuels, pour 440 millions de dollars. Et, en juin 2026, Fox a annoncé le rachat de Roku, pionnier du streaming pour la télévision, pour 22 milliards de dollars. Une opération dont la clôture est attendue au premier semestre 2027. L'enjeu : les 100 millions de foyers dans le monde connectés à Roku, ses données propriétaires et une présence renforcée sur le marché publicitaire de la télévision connectée. Selon Fox, l'ensemble Fox-Roku deviendrait ainsi, à terme, le troisième acteur de la télévision américaine en part d'audience. Cette offensive numérique s'appuie sur une activité solide : Fox a encore dépassé les attentes de Wall Street lors de son dernier trimestre, portée notamment par la croissance de Tubi et ses activités d'information et de sport en direct. Sur un an, le titre Fox Corporation s'apprécie de plus de 15% et le consensus des analystes reste globalement favorable.
FONDATION : 2013
SIÈGE : NEW YORK (US)
EFFECTIF : 21'700
CA 2025 : $9,03 MRD
STOCK EXCHANGE : → NWSA
L'ère des deals entre les plateformes d'intelligence artificielle et les acteurs des médias a bien débuté. En mars 2026, le groupe Meta a signé un accord avec News Corp afin de pouvoir utiliser les contenus journalistiques du groupe de médias pour entraîner ses modèles d'IA, mais aussi alimenter les réponses fournies aux utilisateurs de ses services d'intelligence artificielle. News Corp, qui possède des titres prestigieux comme The Wall Street Journal, Barron's, MarketWatch, Financial News, New York Post, The Times et The Sun, recevra jusqu'à 50 millions de dollars par an au titre de cet accord.
Et ce n'est pas une première pour le groupe de médias américain. Déjà en 2024, l'entreprise avait signé un accord similaire avec OpenAI, le créateur de ChatGPT, d'une valeur estimée à 250 millions de dollars sur cinq ans.
« Nous pensons que cet accord historique établira de nouvelles normes en matière de véracité, de vertu et de valeur à l'ère numérique », se félicitait à l'époque Robert Thomson, directeur général de News Corp. Dans un contexte économique difficile pour les médias, ce type d'accord présente l'avantage de redonner de la valeur aux contenus journalistiques et d'apporter une nouvelle source de revenus à l'industrie de l'information. Mais si les sommes peuvent paraître importantes, elles ne représentent qu'une goutte d'eau pour News Corp qui a réalisé un chiffre d'affaires de 9 milliards de dollars sur l'année fiscale 2026. Sur un an, le titre de l'entreprise est relativement stable (-1%). Les analystes qui suivent l'action sont, pour la plupart, à l'achat. Et de nouveaux accords pourraient suivre : début août, News Corp indiquait être en discussions avancées avec plusieurs autres entreprises.
FONDATION : 1998
SIÈGE : BOCA RATON (US)
EFFECTIF : 500
CA 2025 : $189.3 MIO
STOCK EXCHANGE : → NMAX
Trop vite, trop haut. Tel Icare, le groupe de médias Newsmax s'est brûlé les ailes. Entré en Bourse au prix de 10 dollars l'action le 31 mars 2025, le titre s'est rapidement envolé vers la stratosphère pour se négocier jusqu'à 265 dollars en séance le 1ᵉʳ avril, soit plus de 26 fois son prix lors de l'IPO. À son apogée, la valorisation de Newsmax a même brièvement dépassé celle du géant historique de l'information Fox Corporation. Pas mal pour un groupe de médias fondé en 1998. Las, près d'un an et demi après ces débuts fracassants, Newsmax est néanmoins retombé sur terre, son titre s'échangeant mi-août autour de la barre de 10 dollars.
Cet emballement boursier tient toutefois moins aux fondamentaux de Newsmax qu'à la mécanique du marché. L'IPO ne portait que sur 7,5 millions d'actions, soit à peine 6% du capital, créant un flottant extrêmement réduit face à l'afflux d'acheteurs, attirés notamment par la proximité de la chaîne avec Donald Trump. Une proximité qui ne date pas d'hier. Lancée en 2014, la chaîne de télévision Newsmax a adopté une ligne éditoriale ultra-conservatrice de niche. Comme ses concurrentes One America News Network (OAN) ou Real America's Voice, Newsmax TV s'est rapprochée des électeurs de Donald Trump après l'élection présidentielle de novembre 2020, refusant pendant plusieurs semaines de reconnaître la victoire de Joe Biden et relayant les théories de fraudes électorales formulées par le président et ses alliés. Cette stratégie lui a alors valu un spectaculaire gain d'audience : selon Nielsen, son audience en soirée est passée d'environ 58'000 téléspectateurs avant l'élection à 568'000 la semaine suivante. Donald Trump, qui critiquait alors ouvertement Fox News, a parallèlement promu Newsmax et lui a accordé plusieurs interviews, contribuant à accroître sa notoriété.
Avant de se lancer dans la télévision, Newsmax s'était déjà développé sur plusieurs supports, avec notamment le site web Newsmax.com et le mensuel papier Newsmax magazine. Malgré cela, la chaîne réalise toujours des audiences bien en deçà des mastodontes du câble aux États-Unis comme Fox News, MS NOW (ex-MSNBC) ou CNN. Sa rentabilité reste par ailleurs fragile. En 2025, Newsmax a accusé une perte de 99,5 millions de dollars pour un chiffre d'affaires de 189,3 millions, laquelle est largement imputable à 79 millions de dollars de règlement judiciaire. La situation s'est toutefois améliorée depuis : au deuxième trimestre 2026, le groupe a dégagé un bénéfice net de 2,9 millions de dollars. Les deux analystes recensés par Barron's recommandent l'achat du titre, avec un objectif de cours moyen de 18,50 dollars.
FONDATION : 1993
SIÈGE : LONDRES (UK)
EFFECTIF : 37'000
CA 2025 : £9,59 MRD
STOCK EXCHANGE : → REL
Avec l'allemand Springer Nature, le groupe britannique Relx (connu jusqu'en 2015 sous le nom de Reed Elsevier) est l'autre géant de l'édition scientifique. L'entreprise publie notamment les célèbres revues The Lancet et Cell. Mais les informations scientifiques et médicales ne représentent que 28% des revenus de l'entreprise en 2025, active également dans le domaine des informations juridiques (19%) et l'analyse de risques (36%), ainsi que dans l'organisation de manifestations (12%) comme le Mipcom de Cannes, le plus grand rassemblement mondial des professionnels de la télévision, du streaming et du contenu audiovisuel.
Si ces activités semblaient au départ menacées par l'intelligence artificielle, les avis ont changé. Goldman Sachs, qui a commencé à couvrir l'entreprise début juin 2026 avec une recommandation BUY, a estimé que Relx avait été classé à tort parmi les perdants de l'IA. C'est que l'entreprise a lancé plusieurs outils liés à l'IA, comme le Lexis+ AI, un robot conversationnel pour les professionnels juridiques. Elle a par ailleurs quasiment abandonné le print, qui ne représente désormais plus que 3,2% de son chiffre d'affaires au premier semestre 2026, contre 64% en 2000 et 25% en 2010.
Et les résultats suivent. Sur les six premiers mois de l'année 2026, le chiffre d'affaires a progressé de 7% en données sous-jacentes et le bénéfice opérationnel ajusté, de 9%. Le consensus des analystes reste à l'achat sur le titre Relx, qui a perdu environ 30% en un an à la mi-août.
FONDATION : 1954
SIÈGE : ROULERS (BE)
EFFECTIF : 1200
CA 2025 : €301,5 MIO
STOCK EXCHANGE : → ROU
Si Roularta Media Group (RMG) n'est pas très connu dans notre pays, il s'agit en Belgique d'une institution, comme peut l'être Tamedia (TX Group) en Suisse. Fondé en 1954, Roularta s'est imposé comme le leader du marché des magazines dans le Plat Pays et comme le plus grand éditeur indépendant de magazines aux Pays-Bas, avec des titres comme l'hebdomadaire Le Vif. Le groupe détient également 50% de Mediafin, l'éditeur du quotidien L'Echo et de l'hebdomadaire L'Investisseur. Au total, Roularta possède plus d'une trentaine de magazines et les sites internet associés.
Las, comme l'ensemble de la presse papier, l'entreprise connaît un déclin de ses ventes papier et une érosion de ses revenus publicitaires. En 2025, Roularta a enregistré un chiffre d'affaires de 301,5 millions d'euros, en recul de 5,9% par rapport à 2024. La contraction provient principalement du marché publicitaire, en recul de 9,9% sur un an, avec une baisse marquée pour la presse gratuite en Belgique. Dans ce contexte difficile, Roularta a vendu en novembre 2024 ses derniers magazines allemands (G-Geschichte, Plus Magazin et Frau im Leben) pour se concentrer sur la Belgique et les Pays-Bas. En 2015, l'entreprise s'était déjà désengagée du marché français en cédant sa branche parisienne qui comprenait notamment les titres L'Express et Mieux vivre votre argent.
« Nous avons des projets dans le pipeline pour les cinq prochaines années qui ne viseront qu'à défendre notre position sur le marché des lecteurs et de la publicité. Ensuite, la croissance pourra venir. Mais il nous faut d'abord traverser une lourde courbe d'investissements qui pèsera sur les bénéfices. Cela demande une grande persévérance, et la Bourse n'a tout simplement pas cette patience », déclarait le CEO, Xavier Bouckaert, en 2025, sur le site Internet de l'entreprise. Sur un an, le titre a perdu 13% de sa valeur à la mi-août. Aucun analyste ne suit la valeur actuellement.
FONDATION : 2015
SIÈGE : BERLIN (DE)
EFFECTIF : 10'000
CA 2025 : €1,9 MRD
STOCK EXCHANGE : → SPG
Pour un chercheur, l'une des plus prestigieuses récompenses est de voir ses travaux publiés dans la célèbre revue scientifique Nature. Publiée pour la première fois en 1869, Nature reste en effet aujourd'hui la référence dans le monde scientifique. Cette marque extrêmement forte appartient au groupe allemand Springer Nature. Née en 2015 du rapprochement des activités éducatives et scientifiques des maisons Macmillan et Springer, cette entreprise est l'un des leaders mondiaux de l'édition, dans les domaines de la recherche, de la santé et de l'éducation, avec plus de 3000 revues spécialisées dans le monde, notamment au sein de Nature Portfolio et de BMC (BioMed Central), ainsi que 539'000 articles scientifiques publiés en 2025.
Introduite à la Bourse de Francfort en 2024, l'entreprise a vu son action céder environ 16% depuis ses premiers échanges (à la mi-août). Pas de quoi rebuter les analystes qui recommandent majoritairement l'achat du titre. L'entreprise pourrait bénéficier de l'essor de l'intelligence artificielle, appliquée à ses immenses archives. Springer Nature commercialise déjà, avec Nature Navigator, un outil d'IA permettant d'analyser la littérature scientifique et d'en dégager les grandes tendances. Le groupe développe en parallèle une série de nouveaux outils d'IA destinés à faciliter le travail des chercheurs, dont Nature Research Assistant, encore en phase bêta. Pour le premier semestre 2026, l'entreprise a annoncé un chiffre d'affaires de 939,8 millions d'euros (en hausse de 6,2% en données sous-jacentes) et un bénéfice net de 101,3 millions d'euros. La société a aussi relevé ses prévisions de croissance annuelle.
FONDATION : 1851
SIÈGE : NEW YORK (US)
EFFECTIF : 6000
CA 2025 : $2,82 MRD
STOCK EXCHANGE : → NYT
Cela restera comme le dernier coup en Bourse sous l'ère de Warren Buffett. Juste avant que l'« Oracle d'Omaha » ne tire sa révérence le 31 décembre 2025, sa société Berkshire Hathaway a investi 350 millions de dollars dans The New York Times. Un pari étonnant lorsque l'on se souvient que Warren Buffet avait renoncé à racheter le Washington Post lors de sa vente à Jeff Bezos en 2013 et qu'il jugeait dès 2019 la plupart des journaux « condamnés ». Mais il faisait déjà du New York Times l'une des rares exceptions. À rebours de la profession, le quotidien de la Grande Pomme est en pleine forme. Porté par le succès de ses abonnements numériques et par une offre élargie aux jeux, au sport, à la cuisine et aux recommandations, le groupe comptait
13,35 millions d'abonnés au deuxième trimestre 2026. Pendant ce temps, ses revenus liés aux abonnements (numériques et papier) avaient progressé de 11,7% sur un an et les recettes publicitaires avaient crû de 11,3%. Au total, les revenus de l'entreprise ont bondi de 11,2% sur cette période, à 762 millions de dollars. Ces bons résultats reflètent la réputation extraordinaire du New York Times, considéré comme une – sinon la – référence mondiale. Le groupe accélère par ailleurs son développement dans le journalisme vidéo. Surtout, son modèle économique repose désormais sur les abonnements plutôt que sur la publicité. Le lecteur ne paie plus seulement pour des articles, mais pour un forfait donnant également accès aux jeux, à la cuisine et au sport, une stratégie qui favorise la fidélisation. Le groupe dispose en outre d'un levier tarifaire, en faisant progressivement passer certains abonnés des offres promotionnelles à des prix plus élevés.
En plus de l'incontournable quotidien The New York Times, ainsi que son édition internationale The New York Times International Edition et les sites web associés (NYTimes.com), l'entreprise détient d'autres actifs médiatiques tels que le studio de production de podcasts Serial Productions ou le site d'actualités sportives The Athletic.
Face à la menace de l'intelligence artificielle, The New York Times Company a choisi la résistance. Le groupe poursuit depuis 2023 devant les tribunaux OpenAI et Microsoft, qu'il accuse d'avoir volé des millions de ses articles pour entraîner ChatGPT et Copilot. En parallèle, le journal a signé un accord pluriannuel, dont le montant n'a pas été divulgué, avec Amazon en juin 2025. Sur un an, le titre s'est apprécié de près de 10% à la mi-août et une majorité d'analystes recommandent de l'acheter.
FONDATION : 2008
SIÈGE : TORONTO (CA)
EFFECTIF : 27,100
CA 2025 : $7,476 MRD
STOCK EXCHANGE: → TRI
Plus de 27'000 salariés, dont 2600 journalistes, et 7,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Le groupe Thomson Reuters est aujourd'hui l'un des géants mondiaux de l'information. Une référence en matière d'infos financières aux côtés de Bloomberg. Cette réputation d'indispensable auprès des acteurs économiques remonte aux origines mêmes de l'entreprise dans les années 1850. À cette époque, Paul Julius Reuter, un immigrant d'origine allemande, débarque au Royaume-Uni. Son intention : transmettre le plus vite possible les cours de la Bourse et les actualités entre Londres et Paris. Pour cela, la jeune agence qui utilise à ses débuts une flotte de 200 pigeons voyageurs bénéficie d'une avancée technologique : le télégraphe.
En novembre 1851, le premier câble sous-marin reliant l'Angleterre au continent entre Calais et Douvres est ouvert au public. L'agence Reuters devient ainsi la première à transmettre les cours de la Bourse entre Londres et Paris. Le succès est foudroyant et l'agence y gagne la réputation flatteuse de transmettre rapidement des informations exclusives.
L'histoire de Reuters est ainsi jalonnée de scoops. L'agence est, par exemple, la première à annoncer en Europe l'assassinat du président des États-Unis Abraham Lincoln en 1865. Si le succès de Reuters est inséparable du développement des liaisons télégraphiques transcontinentales qui lui permettent de diffuser très vite les nouvelles du monde entier, elle s'adapte par la suite, tout au long du XXᵉ siècle, à l'arrivée des nouvelles technologies. Dans les années 1960, elle est l'une des premières agences à transmettre les informations financières par ordinateur, puis s'impose comme le leader des actualités sur Internet à la fin des années 1990.
En 2008, Reuters fusionne avec le fournisseur de logiciels canadiens Thomson Corporation. Et aujourd'hui, le nouveau groupe, baptisé « Thomson Reuters », fait face à un nouveau bouleversement : l'intelligence artificielle. Comme de nombreux éditeurs de logiciels, l'entreprise est depuis chahutée sur les marchés. Sur un an, l'action Thomson Reuters a perdu 40% de sa valeur, mais une majorité d'analystes recommandent l'achat du titre alors que les contenus et données propriétaires du groupe pourraient conserver une forte valeur à l'ère de l'IA. La société pourrait même en profiter. Depuis la fusion avec Thomson – déjà à l'époque un des leaders dans l'édition de logiciels professionnels et d'entreprises –, le groupe accélère dans ce domaine en développant des produits dopés à l'IA. Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires s'est établi à 1,95 milliard de dollars, en hausse de 9% par rapport à celui du deuxième trimestre 2025, de 1,8 milliard de dollars.
FONDATION : 1893
SIÈGE : ZURICH (CH)
EFFECTIF : 3000
CA 2025 : CHF 873,1 MIO
STOCK EXCHANGE : → TXGN
Un monument helvétique. Fondé en 1893 avec le lancement du Tages-Anzeiger, TX Group (connu sous le nom de Tamedia jusqu'en 2020) s'est imposé comme le plus grand groupe de médias privé en Suisse. L'entreprise compte dans son portefeuille de nombreux journaux prestigieux comme Finanz und Wirtschaft, Basler Zeitung, Tribune de Genève, 24 heures, Bilan ou encore les hebdomadaires dominicaux SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche. Mais l'érosion des ventes papier et le déclin des recettes publicitaires mettent à mal le modèle économique de l'entreprise depuis plusieurs années. En 2025, le chiffre d'affaires de TX Group s'est affiché en baisse de 7,3% par rapport à 2024, alors qu'il avait déjà diminué de 4,2% l'année précédente.
Hors du domaine journalistique, l'entreprise a su se diversifier au cours des dernières années avec la régie publicitaire Goldbach qui se concentre désormais sur l'affichage extérieur, ainsi que la commercialisation de publicités à la télévision, à la radio, et en ligne, mais aussi grâce à sa participation dans la plateforme d'emploi JobCloud, ou encore à celles majoritaires dans Doodle et Zattoo.
TX Group reste par ailleurs le principal actionnaire de SMG Swiss Marketplace Group – propriétaire des plateformes ImmoScout24, AutoScout24, Homegate, Ricardo et tutti.ch – dont il détient aujourd'hui 31,14% du capital, l'entreprise ayant été introduite en Bourse le 19 septembre 2025 sur le SIX Swiss Exchange.
Résultat : si le chiffre d'affaires de l'entreprise a tendance à baisser, la rentabilité opérationnelle s'est améliorée. Le résultat opérationnel avant intérêts et impôts a plus que doublé (+103,8%), à 38,8 millions de francs. La marge correspondante s'est améliorée, passant en l'espace d'un an de 2 à 4,4%. Le résultat d'une « stricte gestion des coûts », selon le groupe, marquée notamment par la fermeture du site d'impression de Bussigny en mars 2025 et l'arrêt de l'édition papier de 20 Minutes fin 2025. Sur un an, l'action du groupe a perdu 30% de sa valeur. Le titre n'est suivi que par une poignée d'analystes partagés entre conserver et acheter.
FONDATION : 1906
SIÈGE : NEW YORK (US)
EFFECTIF : 9500
CA 2025 : $2,3 MRD
STOCK EXCHANGE : → TDAY
Premier éditeur de journaux aux États-Unis, l'entreprise américaine USA Today Co. (Gannett jusqu'en novembre 2025) possède de nombreux titres prestigieux, comme le quotidien national USA Today, ainsi que des quotidiens régionaux tels que le Detroit Free Press, The Indianapolis Star ou The Cincinnati Enquirer. Au total, l'entreprise me publiait près de 300 journaux papier en 2025. Problème : les ventes de ce format s'érodent. Quatrième plus grand quotidien aux États-Unis avec 89'200 exemplaires, USA Today a par exemple vu sa diffusion baisser de 13,8% en 2025 par rapport à 2024. Les autres titres du groupe suivent la même pente, à l'image de The Arizona Republic (-19%) et du Milwaukee Journal Sentinel (-14,8%).
Pour résister, USA Today Co. peut compter sur l'audience de ses sites Internet qui rassemblement en moyenne plus de 180 millions de visiteurs uniques par mois en 2025. Mais si le numérique représente désormais 46% du chiffre d'affaires de l'entreprise, les revenus de ce segment ont néanmoins accusé une baisse de 4,3% l'an dernier.
Résultat : en 2025, USA Today Co. a réalisé un chiffre d'affaires de 2,30 milliards de dollars, contre 2,51 milliards un an plus tôt (-8%) et 2,66 milliards en 2023. Face à cette lente érosion, l'entreprise doit trouver des revenus supplémentaires. En décembre 2025, elle a signé un accord avec Meta portant sur plusieurs années. L'entreprise de Mark Zuckerberg peut désormais utiliser les contenus journalistiques de USA Today Co. pour alimenter les réponses de Meta AI aux questions d'actualité de ses utilisateurs. De quoi séduire les investisseurs : sur un an, le titre s'affiche en hausse de 69% à la mi-août. Si tous les analystes ne sont pas d'accord sur la marche à suivre, une majorité recommande l'achat du titre.


